Mon corps et moi

Avant de développer sur ma grossesse, j’ai décidé de refaire surface aujourd’hui pour parler d’un sujet aussi universel que délicat…

Love

D’aussi loin que je me souvienne, la relation avec mon corps n’a jamais été très saine. Je l’ai très longtemps considéré comme un étranger qui ne me complexait pas, mais que j’étais obligé d’accepter tel qu’il était avec ses défauts de fonctionnement, ses parties moches, ses beautés aussi.

Je suis née à plus de 4 kg, un bon gros bébé. Et même si le poids à la naissance ne prédit rien, je n’ai jamais été dans la partie basse dans la courbe (voire, à partir de 6/7 ans, je n’ai plus jamais été dans la courbe…)

A mes yeux de petite fille j’étais dans la catégorie normale +. Oui je n’étais pas comme toutes les autres filles de mon âge mais enfin ce n’était pas SI grave, si ? Eh bien à en juger par les regards et les réactions des autres (maîtresse à l’école, médecin, amis, famille même parfois) je n’étais même pas dans la catégorie normale tout court. Un truc devait clocher chez moi apparemment. Je ne me souviens pas vraiment d’insultes à proprement parlé mais plutôt des regards pleins de peine et/ou de pitié des adultes de mon entourage.

Je me suis donc très tôt forgée une armure, et décidé que OK ce corps n’était pas conforme à la norme générale mais qu’enfin c’était le seul que j’avais et que je devais vivre au mieux avec. Alors, en façade, j’ai dis M***E à tout le monde et mon corps et son métabolisme de paresseux ont continué à défier les courbes. Ensemble nous avons eu des amis, nous avons passé de bons moments, nous avons eu des petits amis aussi. Bref, c’était finalement un bon partenaire pour cette aventure qu’est la vie.

Mais au fond de moi, c’était le chaos. Sans cesse revenait cette idée que je n’étais pas normale. Ce n’est que des années plus tard, il n’y pas si longtemps que j’ai commencé à m’interroger sur le sens de la normalité. Qui a défini cette norme ? Qui a décrété qu’au delà d’un certain ratio poids/taille on devait absolument tout arrêter et tout mettre en oeuvre pour regagner le bon chiffre ? (et que ce bon chiffre nous permettrait d’être heureux)

J’en ai fais des régimes. Et des très bêtes, drastiques même parfois. Toutes les techniques qu’on lit dans les magazines féminins (HA ! on pourrait en parler un moment aussi de ceux là), je les ai testé : régime ananas, Dukan, soupe aux choux, suppression des féculents, et même le jeûne…
Je perdais … et je reprenais (plus, parfois BIEN plus)
La conséquence de ces régimes a en fait été très néfaste : non seulement j’ai pris plus de poids que je n’en ai perdu, mais en plus de ça j’ai « formé » mon corps à résister à tout changement alimentaire. En conséquence, le suivi de plus d’un an par une diététicienne avec rééquilibrage alimentaire et sport à 21 ans n’a RIEN donné. Je perdais 2 kg, j’en reprenais autant après avoir louché sur un bout de saucisson lors d’un apéro.

A cette époque j’avais 40 kg à perdre. 40 kg pour atteindre mon poids de forme, et pas mon poids «  » »idéal » » ». Autant dire qu’avec mon métabolisme c’était perdu d’avance.

A tout ça s’est ajouté ce qui m’a fait flanché, ce qui a décidé de la suite des événements : les soucis de santé. J’avais de l’asthme, des douleurs aux genoux et aux chevilles, et deux vertèbres qui avaient décidées d’être un peu trop copines. En un an, à 22 ans, je me suis bloquée le dos 3 fois.
L’ensemble de ces événements m’ont mené à la Sleeve : c’est une réduction des 2/3 de l’estomac. Et j’ai perdu 34 kg. Ce fut une renaissance, la redécouverte de mon corps et de certaines activités que je ne pouvais plus pratiquer.

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Cette photo me choquera toujours autant …

Depuis, mon rapport avec mon corps a beaucoup changé. C’est une relation beaucoup plus sereine et apaisée. J’en prend soin de manière tout à fait naturelle, presque instinctive, sans effort particulier même si je sais qu’avec lui je dois en faire 2 fois plus pour arriver à un résultat à peu près correct.

Je suis fière de lui, je suis fière qu’il puisse porter la vie. Je suis fière de constater tous ces changements dont il a été capable et dont il fait encore preuve aujourd’hui pour créer ce petit être (même s’il m’en a un peu fait baver mais j’y reviendrais…)
Et puis je me dis que ma machine n’est finalement pas si mauvaise que ça. Je suis tombée enceinte facilement et rapidement et j’estime tellement ma chance au vu de certaines personnes de mon entourage qui mettent bien trop de temps à avoir leur petit +

Je pense avoir fait la paix avec mon compagnon de route, même si on n’aura sûrement quelques prises de becs au fil des années… je n’en doute pas ! Mais que serait une relation sans disputes ?

4 réflexions sur “Mon corps et moi

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