Le Quatrième Trimestre

A l’origine, j’avais envie d’écrire cet article pour faire le bilan de ma riche et rude année. Je n’aurais JAMAIS cru vivre une année comme celle que j’ai vécue. Il y a eu de très beaux moments mais aussi des terriblement difficiles (d’où mon absence ici).
Mais à l’écriture, je me suis rendue compte que j’en avais en fait énormément à dire sur le quatrième trimestre qui a été l’origine de toute ma terrible année.

Il est temps de crever l’abcès.

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Une maternité bouleversante

J’ai vécu une grossesse de rêve, malgré les petits maux. Je suis donc de celles qui vivent cette période comme un état de grâce absolue. Je me sentais belle, en confiance, puissante que mon corps crée un autre corps.
J’ai également vécu un accouchement magnifique. Quelques heures douloureuses mais gérables, le sourire jusqu’au bout (même en poussant, oui oui), et une rencontre qui m’a chamboulée à la seconde même où je croisais le regard de celui qui m’a choisis pour être sa maman.
Je pense que je peux affirmer, qu’à ce jour, ce sont les 9 mois les plus beaux et les plus doux de ma vie conclus par le moment le plus bouleversant qu’il m’ait été donné de vivre.

Le 4ème trimestre

Ah que j’aurais aimé qu’on m’en parle de ce 4ème trimestre !
Oui on nous apprend à gérer une grossesse, reconnaître des signes de risque potentiel, puis ceux qui font dire « il faut y aller c’est maintenant ». On nous apprend la pose de péridurale, les contractions, la poche des eaux, comment pousser et la tétée d’accueil (parfois). Et après ?

Et après, rien.

L’allaitement, la montée de lait, le bain, les cacas, les tenues, les bobos, le sommeil, les câlins, les visites, les points en bas, la peur de faire caca, la fréquence des tétées, notre ventre si vide tout à coup, la chute des hormones, les « pourquoi on a fait ça ? » en pleurs, les journées sans aucun rythme, les pleurs qu’on ne comprend pas, …. et ce sourire qu’on doit afficher « oui ça va merci. Non il ne fait pas encore ses nuits. Oui il est très beau et nous sommes très heureux ».

La dualité des sentiments

Ce que j’ai trouvé le plus difficile durant cette période, a été cet espèce de jeu d’apparence qu’on devait jouer.
Toute l’attention était maintenant portée sur ce petit être alors que je venais de passer 9 mois confortablement allongée sur mon nuage sous les spotlights. Et même si je m’émerveillais moi aussi devant le fruit de notre amour, je devais gérer mon image soudain si différente, et tout ce qu’il se passait à l’intérieur.

Le séjour à la maternité à été AFFREUX ! Malgré les quelques sages femmes sympas, j’en garde un mauvais souvenir. On venait me questionner plusieurs fois par jours : il a mangé ? à quelles heures ? sur quel(s) sein(s) ? il a fait pipi ? caca ? les heures ?
Et malheur à moi si je l’avais laissé dormir plus de 3h !! Mon enfant allait mourir de faim dans la seconde et il fallait que je le réveille pour le coller à mon sein alors qu’il somnolait encore. Et s’il n’arrivait pas à se réveiller ? ben il faut le déshabiller, et le pincer !

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Bébé dort, pas maman

Après avoir passé la première nuit à mettre mon réveil toutes les 3h (en somnolant à peine entre chaque sonnerie), à essayer de le réveiller sans qu’il n’arrive à téter, tout en me disant que je SENTAIS que ce n’était pas la bonne chose à faire, j’étais épuisée ! exténuée ! à bout de force. La deuxième nuit, j’ai du appeler, en pleure, le papa à 3h du matin pour qu’il vienne me rejoindre et que je puisse dormir au moins 2h d’affilée.
La journée, impossible de dormir : le matin les entrées incessantes et violentes dans la chambre (Aaron sursautait dans son couffin à chaque fois que la porte s’ouvrait) : sage femme, puéricultrice, femme de ménage. Puis l’après midi à partir de 13h, les visites qui s’enchaînaient. J’étais ravie de voir nos proches découvrir la 8ème merveille du monde mais je n’avais qu’une envie : DORMIR. Mon corps avait besoin de récupérer de l’accouchement et des nuits sans sommeil.

Puis le retour à la maison, les visites qui continuent, la chute d’hormones et le baby blues qui pointent le bout de leur nez. La perspective de la reprise du travail qui arrive aussi tout en gérant les « ho mais ça va te faire du bien de reprendre le travail ! » (spoiler alert : NON)
Il FAUT être heureux, car nous sommes parents de ce si joli petit bébé (qui dort pendant les visites, pour mieux pleurer après le coquin !)
Alors oui, dans les faits, nous sommes heureux, nous avons un bébé vraiment génial et on en est raide dingue. Vraiment les parents gagas dans toute leur splendeur « ho chériiiiii viiiient il fait des bulles avec sa baaave ! ». Mais la difficulté est de « devoir » ne montrer que ça, ne pas arriver à pleurer un bon coup avec une copine en lui disant tout ce qui se bouscule dans notre esprit.

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Je fuiiiis

 

La matresence

J’ai découvert il n’y a pas si longtemps, bien trop tard pour moi, que cette période (et plus globalement la maternité dans son ensemble) était appelé la matrescence : contraction de maternité et adolescence. Sauf que l’adolescence dure plusieurs années là où la matrescence vous arrive en pleine face en quelques mois.
Si ça vous intéresse, je vous invite à écouter le podcast de Clémentine Sarlat (qui est à l’origine journaliste sportive, vue notamment dans Téléfoot) à ce sujet, qui s’appelle tout simplement La Matrescence et qui m’a fait beaucoup de bien ! Ce que j’ai vécu a donc un nom !! Ce nom lui donne en quelque sortes une légitimité et ça m’a aidé en partie à aller mieux.

fbt

Car oui, malheureusement pour moi, et pour d’autres femmes, cette grosse tempête physique et émotionnelle ne s’est pas arrêtée à ce 4ème trimestre.
Loin de là.

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